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Église Saint-Bonaventure de Lyon à Lyon 2ème dans le Rhône

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Bonaventure de Lyon

  • Place des Cordeliers
  • 69002 Lyon 2ème
69000 Lyon, Place des Cordeliers

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1226
Fondation du couvent franciscain
15 juillet 1274
Mort du cardinal Bonaventure
1325–1484
Construction de l'église actuelle
1562
Pillage par le baron des Adrets
1793–1806
Vente comme bien national
1860
Rénovation de la façade
2 septembre 1944
Destruction des vitraux
1971
Devenue sanctuaire urbain
28 septembre 2019
Érection en basilique mineure
2022–2023
Ravalement de la façade
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Cardinal Bonaventure de Bagnoregio - Théologien et docteur de l'Église Mort à Lyon en 1274, enterré dans l'église.
Jacques de Grolée - Petit-fils du sénéchal Commanditaire de l'église actuelle en 1325.
Jean de Pavie - Conseiller et médecin royal Finance l'achèvement de l'église (1450–1480).
Claude-Marius Vaïsse - Préfet du Rhône Responsable des percées haussmanniennes à Lyon.
Claude-Anthelme Benoit - Architecte lyonnais Auteur de la façade actuelle (1860).
Louis Charrat - Peintre-verrier lyonnais Créateur des vitraux modernes (1945–1965).
Joseph Merklin - Facteur d'orgues Restaure l'orgue en 1860 et 1936.
Pape François - Souverain pontife Érige l'église en basilique mineure (2019).

Origine et histoire de l'Église Saint-Bonaventure

La basilique Saint-Bonaventure de Lyon, située dans le 2ème arrondissement sur la Presqu'île, est le seul édifice médiéval subsistant dans le nord du quartier après les percées haussmanniennes du Second Empire. Son origine remonte à 1226, lorsque les franciscains (dits « cordeliers ») s’installent sur un terrain légué par le sénéchal de Grolée. Le cardinal Bonaventure de Bagnoregio y meurt en 1274 pendant le concile de Lyon et y est enterré. L’église actuelle, construite à partir de 1325 par Jacques de Grolée, remplace une première chapelle trop exiguë. Orientée exceptionnellement vers le sud, elle est consacrée en 1328 à saint François d’Assise, puis achevée vers 1484 sous le vocable de saint Bonaventure, fraîchement canonisé.

L’histoire de la basilique est marquée par les vicissitudes politiques et religieuses. Pillée en 1562 par le baron des Adrets pendant les guerres de Religion, elle est vendue comme bien national pendant la Révolution et transformée en écurie. Rendue au culte en 1806, elle est restaurée tout au long du XIXe siècle, malgré les dégâts causés par la crue de la Saône en 1840 ou la révolte des canuts en 1834. En 1860, l’architecte Claude-Anthelme Benoit remanie entièrement sa façade, lui donnant son aspect actuel, tandis que les chapelles latérales – au nombre de dix-sept – témoignent de l’influence des confréries de métiers lyonnaises entre les XVe et XVIe siècles.

L’architecture de Saint-Bonaventure allie sobriété franciscaine et enrichissements ultérieurs. La nef, voûtée sur croisées d’ogives, repose sur des colonnes octogonales sans chapiteaux, reflétant l’idéal de pauvreté de l’ordre. Les chapelles, ajoutées entre le XVe et le XVIe siècle par les corporations (tailleurs, peintres, bateliers, etc.), élargissent considérablement l’édifice. Les vitraux, en partie détruits en 1944 lors du sabotage du pont Lafayette, ont été remplacés par des créations modernes de Louis Charrat et Joséphine Lamy-Paillet entre 1945 et 1965. L’orgue, restauré à plusieurs reprises, compte aujourd’hui 68 jeux.

Classée monument historique en 1927 et érigée en basilique mineure par le pape François en 2019, Saint-Bonaventure incarne à la fois le patrimoine médiéval lyonnais et les transformations urbaines des XIXe et XXe siècles. Sa façade, récemment ravalée (2022–2023), domine la place des Cordeliers, face au palais de la Bourse, symbole du contraste entre spiritualité franciscaine et modernité économique.

Les confréries de métiers, très actives à Lyon entre le XVe et le XVIe siècle, ont financé et décoré les chapelles latérales. Chaque corporation – tondeurs de draps, peintres, bateliers, etc. – y honorait son saint patron, comme en témoignent les blasons et les retables. Ces chapelles, souvent remaniées, abritent des œuvres d’artistes locaux, tels les sculpteurs Fabisch ou Delorme. La basilique conserve aussi des traces des destructions révolutionnaires et des restaurations du XIXe siècle, comme le retable néogothique de la chapelle Saint-Joseph ou les vitraux de Steinheil, inspiré par Viollet-le-Duc.

L’orgue de Saint-Bonaventure, dont la première mention remonte à 1693, a connu plusieurs reconstructions. Après les dégâts révolutionnaires, Joseph Callinet en construit un nouveau en 1845, remplacé puis modernisé par Joseph Merklin en 1860. Électrifié partiellement en 1885, il est aujourd’hui un instrument de 68 jeux, restauré en 2023 par Michel Jurine. Sa tribune, située au fond du chœur, et son buffet du XIXe siècle en font un élément majeur du patrimoine musical lyonnais, toujours utilisé pour des concerts et des offices.

Liens externes

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